Gros plan sur un couturier de Bobo

Bonjour , merci de vous présenter.
Choco : Je m’appelle Bani Lacina je suis burkinabé né en Cote d’Ivoire, mon surnom c’est chocopper d’où choco le nom de l’atelier. J’ai 30 ans .
Que faite vous dans la vie ?
Choco : Je suis modéliste couturier depuis 1998 à Bobo Dioulasso, ville dans laquelle j’ai grandi.
Comment êtes vous rentré dans ce métier ?
Choco : Tout est parti des petites occupations des vacances depuis le lycée, je faisais de l’apprentissage chez un couturier et c’est là que j’ai pris goût à ce métier. J’ai fais deux ans d’apprentissage de couture mixte. J’avoue que je n’ai jamais fait une école de couture mais je me débrouille bien avec mon atelier.
La situation géographique de l’atelier chocopper ?
Choco : L’atelier est situé au secteur 15 dans l’immeuble au croisement du boulevard de la révolution et de la rue 15. 18 dans le même alignement que l’agence ONATEL de Ouézzin-ville.
Quelles sont vos prestations ?
Choco : Je me suis spécialisé dans la couture masculine depuis 1998. Je fais la couture sur mesure et aussi des prêts à porter pour des ensembles vestes, chemises, pantalon, grand boubou etc.…
Pourquoi pas la couture féminine ?
Choco : La couture féminine est très laborieuse et la mode est très changeante. Il faut s’adapter continuellement pour garde la clientèle. Ce n’est pas du tout évident dans notre contexte.
Comment se compose le personnel de votre atelier ?
Choco : J’ai une dizaine d’employés dont une secrétaire et des employés-apprentis. Ils sont tous payés à la tâche en fin de semaine sauf la secrétaire qui est payée mensuellement.
Combien gagnent-ils en moyenne ?
Choco : Ça dépend des périodes. Dans tous les cas ils gagnent en moyenne et par personne entre 8 000 et 10 000 F CFA (12 à 15 €) par semaine
Combien coûte un chemise ou un pantalon ?
Choco : le prix d’une chemise varie entre 6 000 et 15 000 CFA (9 et 30 €). Pour un pantalon il faut débourser seulement entre 5000 et 12000 F CFA (8 et 18€)
Quelles difficultés rencontrez-vous dans la gestion de votre personnel ?
Choco : La plus grande difficulté réside au niveau de la qualification du personnel. La plupart n’a suivi aucune formation en couture quand on les recrute. C’est ici qu’ils apprennent les rudiments de la couture.
Quelles sont les difficultés rencontrées dans votre métier ? Choco : Outre le manque de formation du personnel, il y a le manque de matériels performants ou plutôt le coût très élevé de matériel de pointe. On a aussi les impôts qui ne nous rongent les faibles marges que nous réalisons.
Participez-vous à des foires et expositions ?
Choco : Oui j’ai participé à certaines manifestations au Burkina telles que le FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou), SNC (Semaine Nationale de la Culture, FIBO (Foire Internationale de Bobo). mais je ne suis encore à des foires et expositions hors du Burkina mais j’ai des clients dans la sous région telle qu’au Niger, en côte d’ivoire, au Mali et au Sénégal.
Les projets de choco ?
Choco : Mon Projet à court terme est d’avoir des machines à coudre assez performant pour me permettre de décliner facilement les modèles que je crée et de les reproduire facilement.
Combien coûte une machine pareille ? Peut-on en trouver sur place ?
Choco : Il faut compter environ entre 3 et 5 millions de francs CFA. Mais le problème c’est qu’on n’en trouve pas Facilement au Burkina.
Avez-vous les moyens de faire un tel investissement ?
Choco : Pas à 100% car il est très difficile d’épargner avec la vie chère que nous subissons actuellement mais il n’est pas exclu que je négocie un prêt pour financer le reste.
Que penser vous de la qualité et de la concurrence vêtements importés dans notre pays ?
Choco : Il y a une spécialisation des couturiers et l’existence d’outils de production très performants dans les pays étrangers ; Europe surtout. Mais il y a aussi les vêtements venant des pays asiatiques qui sont surtout bon marché mais dont la qualité n’est pas tout à fait garantie. Ces produits envahissent les marchés et on les voit de plus en plus partout. Nous, nous cherchons le haut de gamme qui peut être à la portée de la bourse du burkinabè moyen, comme ça on est un peu à l’abri des vêtements importés. Je travail beaucoup à la recherche de l’innovation donc souvent je fais des recherches sur le net afin de m’inspirer des nouveautés. Que pensez-vous de l’immigration ?
Choco : Je pense que l’immigration temporaire telle qu’aller passer les vacances ou suivre des formations est intéressantes, mais partir pour y rester ne m’intéresse pas personnellement. Je pense que l’Afrique a besoins des jeunes entrepreneurs sur place pour voir son développement. En plus quand on gagne sa vie dans son pays il n’y a pas besoin d’aller à ailleurs. En général ceux qui immigrent vers l’Europe n’y vont pas pour voir les gratte-ciels ou pour voir la neige, c’est très souvent à contre cœur qu’ils quittent leurs pays dans l’espoir de gagner leur vie là-bas.
Que penser vous du sous développement africain ?
Choco : Je pense que l’intégration sous régionale et l’union africaine sont très importantes pour le développement de l’Afrique, il faut que les africains puissent s’imposer mais pour cela il faudrait que les africains aiment ce qui est fait en Afrique …
Quel conseil donnez-vous aux jeunes qui aimeraient suivre votre exemple ?
Choco : Je leur demande d’avoir beaucoup de courage et de persévérance car rien n’est facile surtout en ces temps de crises financières.Mais quand on aime ce qu’on fait on peut toujours espérer.
Voici quelques œuvres de Choco :



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